Les Enfants Avant Tout

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VOYAGE A MADAGASCAR

Nous avions prévu de partir 7 jours en ce début décembre.
La météo bretonne en a décidé autrement. Un vol annulé et voilà un voyage raccourci de 2 journées.
Ce fut donc court et très intense, mais ce fut formidable.
Nous avons été accueillis à bras ouverts par les malgaches. Sans aucun doute, ce sont des gens charmants.
Il faut dire que nos bras à nous étaient un peu chargés avec nos 80 kg de médicaments et de fournitures en tout genre.
Nous venions faire le point des actions en cours et relancer, si possible, l’adoption.
Voici donc les étapes les plus importantes de notre séjour.

Avant même d’atterrir à Antananarivo c’est l’étonnement,
nous survolons de nuit la capitale d’un pays grand comme la France et la Belgique réunies et il y a si peu de lumières…
Le nouveau gouvernement malgache veut développer son pays par l’économie et une de ses priorités est l’ amélioration des voies
de communication pour faire du commerce.
Nous en aurons tout de suite la démonstration : l’aéroport d’Ivato est un aéroport international,
il n’y a plus de mendiants, les porteurs autorisés sont reconnaissables à leur gilet fluo et la route qui rejoint Tana a été refaite.

Le centre AKANY AVOKO


Il accueille une centaine de jeunes filles placées par les juges. Nous y avons trouvé quelques changements.
Hardy pour des raisons de santé a laissé la direction à son mari Steve.
Leur belle fille, Irénée, a pris en charge la gestion du centre qui emploie une quarantaine de personnes.
Une gestion qui n’est pas facile : la monnaie a été dévaluée ce qui rend inaccessible les produits d’importation ( lait, médicaments….),
la crise mondiale du pétrole a renchéri les produits locaux, le soutien du cours du riz a amélioré le statut des agriculteurs
mais appauvri la population des villes et le gouvernement qui avait commencé à payer l’arriéré des pensions
des jeunes filles placées ne verse plus rien du tout depuis mi 2004. La classe moyenne s’enfonce dans la pauvreté,
le centre doit accueillir de plus en plus d’enfants dont des petits malnutris ou malades et
ceci d’autant plus que certains centres ferment. Le centre ne vit que grâce à des dons locaux et étrangers,
la recherche de financements est constante. Et les projets ne manquent pas tel que : la construction de salles de classe
pour la scolarisation des enfants du niveau primaire et l’exploitation d’une rizière, d’une pisciculture
et d’un terrain de marraichage pour améliorer la qualité des repas. Pour cette partie du centre,
la participation de EAT passe par les parrainages. Certains sont collectifs  ( 2 jeunes filles diabétiques) , d’autres individuels.
Nous avons rencontré Tahiana et Solo qui étaient heureuses d’avoir des nouvelles de leurs parrains.
Nous avons assisté à des jeux, à la réalisation de tresses. Vonzy, une des jeunes filles diabétiques
soignée grâce à l’insuline collectée en France, nous a dessiné un superbe Père Noël.
Nous avons été invités à un repas par les grandes de « Half Way » qui se préparent à quitter le centre.
Elles vivent en autonomie dans une maison à part, avec une éducatrice. Elles y fabriquent l’artisanat qu’elles vendent,
elles ont des commandes régulières. Une partie de l’artisanat que nous avons ramené aux antennes EAT provient de leur production.

Au centre il y a aussi la maison NY ANKISY ALOHA, construite par EAT et qui accueille des petits
placés par le juge et les enfants du personnel. Il sont en surnombre puisqu’il y a 53 enfants,
dont 35 qui dorment sur place, alors que la maison était prévue pour une vingtaine d’enfants.
Louisette en est actuellement la responsable. La rencontre avec « les petits bouts » fut indiscutablement une séquence émotion.
Nous sommes allés les voir 2 fois. La dernière crevette arrivée a 9 mois et fait 4 kg…
Du personnel et des bénévoles s’occupent de leur éveil. Au goûter ils ont un sacré « coup de fourchette ».

En route

Le centre Akany Avoko n’ a plus de véhicule, nous avons pu louer une voiture au Centre pour la Lecture de la Bible
où nous étions logés et José l’évangéliste a joué les chauffeurs.
Dans une circulation dense de voitures, camions, taxi brousses, vélos, piétons, voitures à bras et dans une pollution intense,
il faut environ 1 heure pour rallier le centre de Tana. Mais c’est toute la vie des malgaches qui s’égraine le long de cette route:
digue, rizières, fabrication de charbon, de briques, échoppes, marchés, ferrailleurs,
vendeurs ambulants ( fruits, artisanat, lunettes, briquets, lampes, sapin de Noël en plastique, tout se vend dans la rue).

Le service de diabétologie de l’hôpital central de Befalatanana

Nous avons été accueillis comme des sauveurs par la fidèle secrétaire du Dr Georges-Auguste Ramahandridona,
avec nos sacs de médicaments, pansements, seringues et surtout stylos d’insuline.
Une fortune pour eux: l’insuline mensuelle nécessaire à un ado diabétique coûte 3 mois de salaire moyen malgache,
à l’hôpital les soins sont gratuits mais les malades doivent payer les médicaments, les aiguilles…
Le Dr Georges-Auguste R. est devenu directeur de l’ensemble de l’hôpital, il est le seul endocrinologue de l’île.
Nous avons été reçu par son assistant, le Dr Lin, avec les internes,dans une chambre de malades.
Il nous a expliqué le fonctionnement du service. Il y soigne notamment 99 jeunes de toute l’île.
Certains ont 3 jours de bus pour venir à une consultation.

Le centre FJKM d’Analamahitsy


Elle sont connues dans notre association sous le nom de « Ma et Arline ».
Nous avons rencontré 2 femmes extraordinaires : Marguerite, proche de la retraite, qui travaille au ministère de l’environnement
et Marie-Arline, professeur de sciences naturelles dans un collège. Bénévoles au sens ou nous l’entendons,
elles gèrent le centre qui comprend un dispensaire, une école pour des enfants défavorisés du quartier,
un accueil et une prise en charge financière pour des collégiens et étudiants.
Nous avons « craqué » devant ces petites bouilles, serrées les unes contre les autres sur des bancs,
et qui nous chantaient « petit papa Noël » , « La marche des anges » et d’autres chansons françaises en guise de remerciement.
Notre association leur permet de manger tous les jours et nous avons assisté à la « cérémonie » de distribution du riz.
Marguerite et Marie-Arline tiennent des comptes serrés, ce qui leur permet de mettre en œuvre de nouveaux projets:
acheter du mobilier scolaire pour la salle de classe et un terrain pour faire faire du maraîchage à des grands jeunes
afin de leur apprendre un métier et d’améliorer l’ordinaire culinaire du centre.

ANDALINDA à Ambohitrangano


Deux maisons côte à côte, parmi d’autres, au flanc d’une petite colline, au bout d’une piste…
« Voici Andalinda » nous dit Andry Ramanantsoa.
Avec sa mère Narisoa, ils nous avaient d’abord reçu chez eux pour le déjeuner avant de nous emmener à la rencontre des enfants.
La première maison accueille 10 enfants (des petits jusqu’à des ados). Il y a 8 filles et 2 garçons.
Ils étaient presque tous là, avec la nouvelle directrice et ses 3 enfants, pour nous recevoir.
Comme les nôtres, ils étaient en train de regarder un film américain sur la petite télé qu’avaient acheté
Georges Auguste Ramahandridona et Manassé. Les discours d’usage furent brefs et la visite intéressante.
Tout était super bien rangé ! La discussion leur a permis de raconter leur quotidien.
Nous avons déballé les fournitures que nous apportions et les flûtes ont particulièrement attiré leur attention.
Andalinda 2 est presque terminé. Cinq ouvriers s’afféraient pour poser les menuiseries et le plancher.
Après le décès de Manassé en juillet dernier, Andry et sa maman ont repris progressivement le projet en main.
Ce fut pour nous une prise de contact en douceur, nous les avons assuré du soutien de EAT ( l’association est leur seule aide).

Et la relance de l’adoption


La nouvelle loi malgache sur l’adoption, suite à la ratification de la convention de La Haye, est publiée.
Le décret d’application de cette loi devait sortir en novembre et notre voyage avait pour but d’écouter ce qu’en dirait
le ministère de la population et le centre Akany Avoko, afin de poser les premiers jalons d’une reprise de l’adoption.
Pas de chance, le décret a pris du retard et la responsable au ministère avait du s’absenter de Tana pour la semaine.
Nous avons tout de même essayé de préparer cette reprise de l’adoption, souhaitée de part et d’autre.
Nous avons travaillé avec nos partenaires, Steve, Hardy, Irénée, Louisette, afin qu’ils se tiennent et
nous tiennent informés de l’avancée du décret et ses modalités d’application pour définir les démarches et
l’organisation à mettre en place. A suivre…

En conclusion


Nous n’avons vu de Madagascar que la capitale. Le pays nous est apparu avec son potentiel de richesses et
sa très grande pauvreté. Le changement de gouvernement, il y a trois ans, avait suscité d’énormes espoirs.
Les adultes rencontrés nous ont fait part des espoirs d’aujourd’hui et des déceptions importantes.
La monnaie a été dévaluée et la vie est encore bien plus chère.
La pauvreté grandit, même si elle est moins visible dans la rue.
Chaque fois que nous pensons à ce voyage, ce sont de très nombreux visages de tous ceux que nous avons rencontrés,
qui nous viennent à l’esprit. Découverte pour l’un, superposition d’images pour l’autre…
Nous ne pouvons finir ce récit sans penser à Holy qui nous a accompagné sur les marchés pour acheter de l’artisanat.
Une jeune fille dynamique qui a le projet d’être commerçante.
Avec tous ces enfants et ces jeunes, elle représente l’avenir d’un pays qui n’a pas les moyens de subvenir aux besoins des siens.
Marie C. – Christian R., paru dans le journal n°46 de février 2006 de l'association "Les enfants avant tout"
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